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Kombouaré : «On gagne, je reste. On perd...»

Rédigé Le 04 aout 2011, 14h33 par Loic

Le coach du PSG Antoine Kombouaré s'est longuement confié au quotidien Le Parisien ce jeudi.

Avez-vous l’impression d’avoir gagné au Loto cet été ?
Je ne dirais pas ça comme ça, mais j’ai bien conscience qu’il y a des moyens considérables. Des joueurs arrivent, de qualité et en quantité. Et qui dit moyens importants dit objectifs élevés auxquels j’adhère.

Le PSG a-t-il un autre choix que de remporter le titre de champion de France ?
Moi, je m’appuie sur la saison dernière. On a fini 4e du championnat, huitième-de-finaliste de la Ligue Europa, demi-finaliste de la Coupe de la Ligue et finaliste de la Coupe de France. Le palier supérieur, c’est d’atteindre la Ligue des champions. Tout le monde parle du titre. Mais la dernière fois que le PSG a été champion, c’était il y a dix-sept ans, et la dernière participation à la Ligue des champions remonte à sept ans. Qualifions-nous pour la Ligue des champions et après on verra.

Comment intégrer autant de nouveaux joueurs ? Avec Pastore, cela fera huit…
Ce que nous vivons actuellement, je l’ai vécu en tant que joueur à l’époque de l’arrivée de Canal +. Je faisais partie de l’ancienne équipe avec Borelli, et Canal + a débarqué et acheté neuf ou dix joueurs importants, les Le Guen, Fournier, Lama, Roche, Ginola… La difficulté pour Artur Jorge, l’entraîneur, a été de construire une équipe.

Ce sera aussi la vôtre…
La difficulté pour mon staff et moi, ce sont les arrivées tardives et le manque de préparation de certains garçons. Forcément, c’est compliqué. Dans le meilleur des mondes, il aurait fallu que les Qatariens arrivent plus tôt, que Leonardo arrive plus tôt, mais c’est comme ça. Maintenant, les nouveaux joueurs sont là. On va travailler, sachant qu’il faut du temps pour construire une équipe, pour que les joueurs soient en forme. Si on prend l’exemple de Javier Pastore, il a disputé la Copa America oú il a peu joué et il sort de deux semaines de vacances. Lui, si tout se passe bien, on ne le verra pas avant le mois de septembre. Ce sont plein de petits éléments.

Comment gérer un effectif aussi pléthorique ?
L’idée, c’est que tout le monde soit concerné. Je ne suis pas un entraîneur qui aime avoir un groupe de 30 joueurs avec des gars qui ne servent à rien. Je l’ai vécu en tant que joueur. J’avais la chance de jouer mais je voyais des copains qui venaient juste s’entraîner.

Ces joueurs, vous les avez tous choisis ?
Leonardo et moi, on travaille en équipe. Je ne suis pas là pour expliquer, commenter ou faire des démentis. Surtout pas. Avec Leo, on est en train de construire notre équipe du PSG pour qu’elle soit capable d’aller jouer les premiers rôles. Peu importe aujourd’hui qui amène le joueur, parce que c’est un joueur du PSG.

Pastore, c’est aussi vous, alors ?
Pastore, c’est nous. Forcément, quand Leonardo me propose de faire venir un très très bon joueur, je le veux. Je serais fou sinon. Je n’ai qu’une envie : disposer d’une superbe équipe avec beaucoup de joueurs et une concurrence accrue. Aujourd’hui, on a 18 joueurs de classe qui connaissent la L1, 4 ou 5 jeunes et les gardiens.

Avec cet afflux de joueurs à forte personnalité, allez-vous adapter votre discours ?
On parle beaucoup du PSG parce qu’on est sous la lumière. Mais Mourinho, au Real, il pousse des coups de gueule quand il faut. A Manchester, sir Alex Ferguson envoie des chaussures dans la gueule de certains joueurs, et alors ?

Resterez-vous cash et direct comme depuis votre arrivée au PSG ?
J’ai eu Makelele et Giuly pendant deux ans et cela s’est bien passé, non ? J’ai démarré à Strasbourg avec Ljuboja. Vous connaissez Ljuboja ? J’ai eu Niang. Demandez à Didier Deschamps si Niang est facile à gérer. J’ai eu aussi Pagis…

Mais ils n’ont pas la réputation mondiale de Pastore ni son envergure…
J’ai à ma disposition des joueurs à très gros potentiel mais qui n’ont encore rien gagné. Ils doivent apprendre à jouer en équipe. L’objectif doit nous conduire à tirer tous dans le même sens. La star, c’est l’équipe. Vous vous souvenez la saison dernière du petit problème avec Nene (NDLR : des coéquipiers ont jalousé sa médiatisation) ? Nene, son jeu, c’est de dribbler, Hoarau de marquer des buts et Sakho de tacler et d’empêcher les buts. Chacun doit rester à sa place et réciter sa partition. Quant à Pastore, il a 22 ans. Moi, j’ai un fils de 27 ans et une fille de 24 ans. Pastore pourrait être l’un de mes enfants. Comme c’est un très grand joueur, il est humble et ne se la raconte pas. Il sait que c’est un métier oú il faut se remettre tous les jours en question et aller au combat. Le plus bel exemple, c’est Zidane. Je le connais bien : plus on est grand, moins on a besoin de se la raconter.

Quel est son vrai profil ?
C’est un neuf et demi, à la fois milieu et attaquant. Mais il est plus attaquant que milieu. Il amène de la vitesse, de la percussion, la dernière passe et il marque.

Vous sentez-vous plus menacé que les saisons précédentes ?
Je suis un entraîneur comblé aujourd’hui. Pourquoi menacé ? Je suis inquiet quand mes enfants sont malades, quand il y a un problème dans la famille. Là, ce n’est que du foot ! J’ai la chance pour la première fois de ma vie d’avoir un effectif que je n’ai jamais eu. Je suis conscient des responsabilités qui m’incombent. Je l’ai dit aux joueurs : on n’a plus d’excuses.

Doutez-vous de votre capacité à gérer cet effectif si talentueux puisque c’est la première fois que cela vous arrive ?
Je ne me pose pas de questions sur mes compétences. Mes interrogations quotidiennes, c’est de savoir quand Sissoko, Douchez, Armand seront en forme, si Gameiro sera prêt pour Lorient, et quand l’ensemble de l’effectif sera opérationnel. Je suis dans mon travail et je suis motivé comme tout.

Mais le football est un milieu cruel : certains vous ont d’ores et déjà surnommé PPE pour « Passera pas l’été »…
Mais vous croyez que j’ai attendu aujourd’hui pour découvrir cela ? Et en plus, qu’est-ce que je peux y faire ? Il y a beaucoup d’émissions de radio et de télévision sur le football. Chacun son métier. Le mien, c’est d’amener le PSG le plus haut possible.

Comment s’est passé votre entretien à Doha en juin dernier avec le prince héritier du Qatar, le nouveau propriétaire du club ?
Il voulait me montrer qu’il avait confiance en moi et m’annoncer que j’allais continuer l’aventure en disposant de très bons joueurs. A moi d’en faire une équipe.

Source : Le Parisien

Kombouaré

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