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Blanc : «J’aurai plus de temps qu’en équipe nationale»

Rédigé Le 08 juillet 2013, 22h09 par Loic

Laurent Blanc, l’entraîneur du Paris-SG, sait qu’il est attendu au tournant cette saison mais se prépare dans la sérénité et avec ambition.

L’entraînement matinal s’achève et la chaleur est encore montée d’un cran en Autriche. Laurent Blanc (47 ans) en profite pour discuter avec ses joueurs, sans discrimination de statut, et prendre la température de leur état de forme. À deux jours du premier match amical, contre Sturm Graz (demain), avec un effectif amputé de près la moitié de ses titulaires indiscutables, le nouvel entraîneur du Paris-SG évoque ses premiers pas à la tête des champions de France, le recrutement à venir, ses ambitions pour cette saison et laisse deviner que son équipe pourrait évoluer en 4-2-3-1. Avec Ibrahimovic derrière Cavani ?

A quand remontent les premiers contacts avec le Paris-SG et comment avez-vous vécu le scepticisme entourant votre nomination ?
La chose essentielle, c’est que je suis entraîneur du Paris-Saint-Germain aujourd’hui. Pourquoi savoir à quand ça remonte ou ce que ça suppose ? Au final, on est là. Avec qui ? Le PSG.

Est-ce un soulagement pour vous, après un an de chômage ?
“Chômage”, je n’aime pas trop cette expression même si elle est exacte. Bien sûr que les techniciens sans club ont envie d’entraîner. Après, vu le marché des entraîneurs cette année, c’était compliqué. Même ceux qui ne sont pas libres sont contactés. Il va falloir vivre avec ça. Vous le savez, à quelques jours près, le PSG ne m’aurait pas téléphoné. Après, je me dis que je me suis trouvé au bon endroit, au bon moment. La proposition de Paris a été dans le timing et correspondait à ce que j’attendais.

Quel sera votre domaine de compétences ?
Le terrain. Que voulez-vous que ce soit ?

Le recrutement
Bien sûr. Dans un club, il y a une hiérarchie à respecter. Mais j’ai mon mot à dire sur le sportif, oui.

Plusieurs noms de recrues sont avancés, notamment celui d’Edinson Cavani. Ce dossier est-il conclu ?
(Il sourit.) C’est vrai que le club suit ce joueur et s’il pouvait rejoindre le PSG, j’en serais heureux. On n’est pas seuls dans le dossier. Si on pouvait décrocher la timbale, ce serait : 1. Un gros coup sportif ; 2. Un gros signal envoyé aux adversaires potentiels du PSG, en France comme en Europe.

Quels autres secteurs de jeu aimeriez-vous renforcer ?
Regardez notre effectif et vous constaterez qu’on a un seul latéral gauche (Maxwell). On va donc se renforcer dans ce secteur. Il faut voir ce qu’il y a sur le marché parce que des bons arrières d’aile, il y en a de moins en moins.

Appréciez-vous le Lillois Lucas Digne ?
Oui, c’est un joueur avec un gros potentiel, intéressant pour l’avenir. Ce serait une bonne option.

Pensez-vous renforcer votre milieu de terrain ?
Ça dépend si on perd des joueurs ou pas. Ce n’est pas le but de prendre des joueurs pour prendre des joueurs. Il va falloir qu’on discute avec Leonardo (le directeur sportif) et avec le président (Nasser al-Khelaïfi) pour voir si certains ont envie de quitter le PSG. Jusqu’ici, aucun ne me l’a demandé.

Un nom revient depuis plusieurs semaines, celui de Yohan Cabaye (Newcastle, sous contrat jusqu’en 2016) , que vous avez lancé en bleu...
Encore une fois, ça dépend de quels joueurs nous aurons à disposition. Yohan est un joueur merveilleux, on est unanimes. Pour l’instant, il nous intéresse parce qu’on prévoit certaines choses mais est-ce que ces choses se réaliseront, je ne sais pas.

Sur combien de joueurs souhaitez-vous vous appuyer cette saison ?
Entre vingt-deux et vingt-quatre.

Quelle sera votre philosophie de jeu ?
Vu les joueurs convoités – de très bons joueurs –, derrière, vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir un jeu frileux. Donc il va falloir être audacieux mais aussi trouver un certain équilibre et faire en sorte que les joueurs, quel que soit leur statut, appliquent notre philosophie sur le terrain.

Pensez-vous avoir du temps pour la mettre en place ?
Plus qu’en équipe nationale.

Avec une pression médiatique comparable, non ?
Elle n’empêche pas de travailler.

En sélection, vous avez souvent évolué en 4-3-3 avec une pointe basse. Sera-ce de nouveau le cas ?
Non, on ne jouera pas dans le même système. Laissons le recrutement se faire et, de vous-même, vous comprendrez certaines choses.

La saison dernière, le PSG a évolué en 4-4-2 à partir de décembre 2012. Comptez-vous vous en inspirer ?
L’effectif sera différent de la saison dernière et je pense qu’on peut légitimement compter sur trois à cinq nouveaux joueurs.

Justement, Ibra et Cavani peuvent-ils évoluer ensemble ?
Oui, ils sont compatibles. Cavani est un joueur généreux, qui mange les espaces, avec une présence devant le but très importante. Question profil, ils sont complémentaires. Il faudra qu’ils le soient dans le jeu mais dans l’esprit aussi. Mais, comme ce sont deux grands joueurs, normalement, ils doivent s’entendre. Après, il y aura peut-être des problèmes d’ego à régler. Le club doit passer avant tout.

Gérer les ego sera votre domaine de compétence...
Ce sera surtout leur domaine de compétence. Déjà, ils joueront. Après, ils auront la possibilité de démontrer qui ils sont.

Vous répétez qu’il faudra être “audacieux” dans le jeu. Est-ce que votre Euro à la tête de l’équipe de France vous a fait évoluer ? Quand vous avez aligné Réveillère et Debuchy sur le même côté contre l’Espagne (0-2, le 24 juin 2012), cela ressemblait plus à du pragmatisme...
Non, là, on parle de prudence. C’est fou, tout de même ! On a fait vingt-cinq matches en sélection et seul celui-là vous a marqué ! La Croatie avait fait la même chose contre l’Espagne (0-1, le 18 juin 2012), en phase de groupes, et tout le monde avait vanté son jeu car elle avait bloqué les côtés. Si c’était à refaire, je ne ferais pas la même composition mais un entraîneur doit tenter des coups. Quand il réussit des coups audacieux, on l’encense et quand il tente des coups prudents, que ça ne marche pas, on dit que c’est un frileux. Je l’accepte. Mais bien sûr que ce match m’a fait évoluer. Parce que ma philosophie naturelle n’était pas celle-ci. Moi, je préconise d’avoir la possession, de jouer dans les espaces, attaquer. J’ai tendance à vouloir produire du jeu donc à aligner des joueurs offensifs.

Cette philosophie nécessite un vécu en commun or les internationaux du PSG sont en vacances. Quand comptez-vous avoir tout votre effectif ?
J’en ai eu beaucoup au téléphone et j’ai la confirmation que les joueurs sont impliqués, concernés par l’ambition du club. Plusieurs n’auraient pu arriver que fin juillet en raison des accords établis avant ma signature. En discutant avec eux, je vois que les mecs acceptent d’avoir des programmes individualisés pendant leurs vacances et certains vont rentrer beaucoup plus tôt. Ça me plaît, ça, qu’ils soient réceptifs ! Normalement, tout le monde sera là en Suède (stage du 22 au 27 juillet), même si tous ne seront pas aptes à jouer, à l’image des deux Brésiliens (Lucas et Thiago Silva).

Thiago Silva va-t-il rester ?
Oui. Pour en avoir discuté avec lui, pour avoir déterminé son programme et sa date de retour, il m’a paru très concerné. Ça n’engage que moi mais je pense que Thiago sera parisien cette saison et il aura de grandes chances d’être le capitaine. Il fait partie des meilleurs défenseurs centraux du monde. Sur le terrain, il dégage un sentiment de leader. Après, j’attends de voir l’homme, s’il est aussi leader par la parole, même si certains n’ont pas besoin de parler beaucoup pour s’imposer.

Ibrahimovic dégage aussi quelque chose, non ?
(Il sourit.) C’est un caractère différent. Je l’ai eu au téléphone et je le sens aussi investi. Lui va revenir dans la semaine du 15 au 19. Il aura un programme personnalisé mais devrait jouer lors des matches amicaux du stage en Suède (contre Hammarby, Division 2 suédoise, le 23, puis le Real Madrid, le 27).

Leonardo et Nasser al-Khelaïfi sont venus à Clairefontaine à la reprise pour fixer les objectifs de la saison. Est-il possible de faire mieux que l’an dernier ?
Oui. La saison passée a été une excellente saison et pour faire mieux, on sait tous ce qui nous attend. Dans les deux Coupes nationales, on peut faire mieux. Et en Ligue des champions, on part avec un atout supplémentaire lié à notre présence dans le chapeau 2 au moment du tirage (au lieu du chapeau 3 l’an passé).

En Ligue 1, Monaco sera-t-il votre principal adversaire ?
Monaco, avec son recrutement, se présente sur le papier comme notre adversaire n° 1 mais il ne faudra négliger personne. On peut s’attendre à ce que des équipes comme Marseille ou Lyon figurent encore dans le haut de tableau.

Source : L'Equipe

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